Depuis de longs mois, voire des années, de nombreux ressortissants africains (particulièremnt congolais) se plaignent d’être exclus des circuits bancaires en Belgique avec tout ce que cela induit comme difficultés pour vivre au quotidien. « Mon fils est étudiant à Louvain-la-Neuve, il a un kot, un minerval, des ouvrages dont il a besoin et il doit vivre aussi. Cela demande donc de l’argent mais je ne peux pas lui faire parvenir de l’argent depuis Kinshasa parce que ma banque belge a clôturé mes comptes. Il a donc fallu chipoter en passant par des amis. C’est très désagréable. On a l’impression d’être des criminels alors qu’il n’y a rien d’illégal », explique un papa congolais de Lubumbashi qui a deux enfants qui étudient en Belgique.

L’industriel George Forrest ne disait rien d’autre dans l’interview qu’il nous a accordée en avril dernier :  « En Belgique, les banques sont en train de fermer les comptes de tous les résidants en Afrique et particulièrement au Congo. Parallèlement, vous organisez des missions économiques, vous demandez aux gens d’aller investir au Congo, et quand ils le font, vous leur interdisez d’ouvrir des comptes bancaires ici. C’est un non-sens total. » Et la liste des témoignages en ce sens est longue, très longue.

RDCongo : George Forrest une histoire congolaise de Kasa Vubu à Tshisekedi

Pour tenter d’y remedier, une asbl vient de voir le jour. Baptisée « Ma banque, un droit », elle entend défendre les entreprises et les particuliers qui sont donc exclus du système bancaire par les politiques de derisking (réduction des risques) menées par les banques sous le motif de lutte contre le blanchiment d’argent et le terrorisme. L’objectif  de Ma banque, un droit : garantir à toutes et tous, sans discrimination, l’exercice de ce droit économique.

Cinq questions à Jean-Jacques Lumumba, banquier, lanceur d’alerte et cofondateur de l’asbl Ma banque, un droit.

1. Quelle est votre légitimité pour entamer ces démarches auprès des banques ?

Ces pratiques d’exclusion bancaire entravent sérieusement le développement des relations économiques de la Belgique avec le continent africain, ceci alors même que les relations diplomatiques s’intensifient, ce qui est incontestablement dommageable pour les autorités et les entreprises africaines et belges. Notre démarche se base sur le fait que les personnes que nous allons défendre ne sont pas des terroristes ou celles impliquées dans le blanchiment des capitaux et ce afin de favoriser l’implication des banques dans la coopération entre les états africains et européens dans le respect strict des normes et en considérant les dossiers au cas par cas. Nous sommes donc légitimes pour prendre en main les personnes qui s’inscrivent dans la légalité mais se voient malheureusement éjectées du système bancaire en Belgique.

2. Qui est au sein de l’AG de l’asbl ?

Il y a plusieurs personnalités du monde de la finance, de la société civile ou du monde universitaire comme la célèbre professeure et chercheuse Julie Ringelheim, Monsieur Pierre Kompany, bourgmestre et père du très célèbre Vincent Kompany pour ne citer que ces deux grandes personnalités.

3. Qu’apportez-vous aux banques pour qu’elles puissent éventuellement revoir les dossiers des clients que vous représentez ?

Nous faisons au préalable une étude de conformité approfondie pour toutes les personnes souhaitant adhérer à notre association afin de ne pas plaider pour des personnes peu recommandables. Nous faisons donc un filtre nécessaire et utile aux banques. De ce fait, nous sommes là pour aider les banques à mieux identifier les clients et à ne pas appliquer la même sanction à tous les clients au nom du « derisking ».

4. Qui peut s’adresser à vous ? Faut-il préparer un dossier ?

Oui, bien évidemment, il faut un dossier avec toutes les preuves suffisantes.
Toutes les personnes (physiques ou morales), avec une priorité pour les individus peuvent s’adresser à nous par mail members@mabanqueundroit.com et en remplissant un formulaire.

5. Enfin, le nerf de la guerre, combien ça coûte de faire appel à vos services ?

Les membres qui sollicitent nos services paieront une contribution annuelle de 50 euros une fois qu’ils sont acceptés après une étude par nos services de leurs dossiers.